Le Lac Intérieur

Il était un beau lac caché dans la forêt sur un Mont de Vénus perdu et oublié
Il était sur la rout’ de milliers d’animaux migrants de la nature, chaqu’ saison, par troupeaux

Son âme s’y baignait, ondine nonchalante, y chantait, y jouait de la flûte de Pan
Sa présence apportait surfant sur l’eau courante la vie qui l’habitait et ses frétillements

Cette âme était joueuse, de jour comme de nuit, son humeur malicieuse, son amour infini
Son public favori, celui qu’elle préférait, après les chauves-souris, c’était les porcelets

Elle berçait les insectes, entre deux bains gracieux, accouchait les reinettes de leurs têtards visqueux
Toute cette nature vivait en harmonie faisant fi du futur et des intempéries..

Une année un hiver plus rude et rigoureux a gelé quelque chose au fond de la vallée
Quand le printemps fut là et puis jusqu’à l’été un froid de glace resta et tout fut transformé

Un jour l’âme patraque sentit du bout des pieds le sol mou de son lac refroidir et geler
et quelques jours après, parce que c’était l’été, toute l’eau qui restait s’était évaporée​..

Chaque année c’était dur l’âme était préparée mais les températures cett’fois lui échappaient.
Elle fit ce qu’elle put, tenta de résister, mais cette fois son dû elle ne put délivrer

Car le froid la figeait des jambes jusqu’au cœur, car le reste brûlait sous la forte chaleur,
car l’ennui la prenait comme une vraie tourmente, c’est alors, submergée, qu’elle devenait méchante

Elle criait sur les arbres dans ses rebonds d’humeur, faisant pleurer le cœur des Ormes centenaires
tirait sur les antennes des jolies libellules et faisait de la peine aux poissons incrédules

Du bord de lac en fleurs et sa faune bruyante il ne reste plus rien qu’un marais d’eau stagnante
Et toutes les couleurs naguère chatoyantes semblent comme fanées, croupies sous l’eau dormante

Son âme l’a quitté. Son âme a disparu, emportant les bienfaits que sa présence nue
offrait aux environs de l’onde abandonnée, arrachant du giron toute la vitalité

Les oiseaux ne boug’nt plus et leurs gorges vermeilles lentement se sont tues, comme les autres ils s’éteignent..
Tout est plat tout est morne, c’est le brouillard qui règne, des vapeurs enivrantes s’échappent​ du sommeil

Les pigments apatrides de la flore d’antan en sombrant dans ce vide, l’espace dans le temps
ont perdu leur vigueur, et la force du vent a disparu de même, tout paraît en suspens..

Dans ce décor figé une âme se présente. Ça fait quelques années que c’est une âme errante.
Elle a quitté son lac et tout’ses jolies plantes où vivait une faune Vivante et trépidante..

 

 

Les Hauteurs Hissent

 

 

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